Dodzi Kokoroko : le temple des combines? (1/3)

Dodzi Kokoroko : le temple des combines? (1/3)

7 mai 2019 Non Par Théau Mbemba

Il s’appelle Pagnou Sasso. Il est enseignant à la Faculté de Droit et des Sciences Politiques à l’Université de Kara. Témoin dans une procédure disciplinaire du Cames impliquant le président de l’Université de Lomé, Dodzi Kokoroko, il est assigné à comparaître par ce dernier en citation directe. L’affaire qui a fait grand bruit lors de l’audience du 8 avril dernier est renvoyée au 13 mai prochain. Amaniainfo revient sur certains éléments de cette affaire dans une série de trois articles.

Pagnou Sasso, enseignant à la Faculté de Droit et des Sciences Politiques à l’Université de Kara, comparait à nouveau le 13 mai prochain en citation directe devant le Tribunal de Première Instance de Kara, en correctionnelle, dans une affaire qui l’oppose à messieurs Dodzi Kokoroko, Adama Kpodar et Babakan Coulibaley. Respectivement Président de l’Université de Lomé, Vice-Président de l’Université de Kara et Doyen de la Faculté de Droit et des Sciences Politiques de l’Université de Kara, ces derniers reprochent à leur collègue d’avoir porté atteinte à leur honneur et rang dans un courrier électronique. Une première audience avait eu lieu le lundi 08 avril dernier. Les délibérations avaient conduit au renvoi de l’affaire au 13 mai prochain. L’affaire avait fait grand bruit et provoqué une manifestation spontanée de dizaines d’étudiants devant le palais de justice de la ville de Kara pour la circonstance très militarisé. Témoin dans une procédure disciplinaire devant l’organisme de coordination des problèmes de l’enseignement supérieur, CAMES mettant en cause Dodzi Kokoroko, M. Pagnou Sassou avait confirmé par courriel une déposition en ces termes:

«Je voudrais à travers ce mail confirmer la totalité des faits que j’ai relevés l’année passée lors de l’audience relative à la plainte de Monsieur Tama. J’ai relevé l’existence d’un réseau composé notamment de MM. Kpodar Adama, Kokoroko Dodzi, Ahadzi-Nonou et dont l’objectif est de nuire aux candidats aux CCI et à l’agrégation avec qui ils ont des différends. S’est ajouté à ce réseau s’agissant de mon cas, ou l’a utilisé M. Coulibaley Babakane de l’université de Kara. »

Selon la presse, notamment le bihebdomadaire l’Alternative, le quotidien Liberté et le site d’informations letempstg.com, les faits remontent à 2016. Des enseignants-chercheurs des universités de la sous-région dont M. Pagnou Sasso avaient porté plainte auprès du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur des pays d’expression française d’Afrique et de Madagascar (CAMES). Motif : l’utilisation du système d’évaluation du Cames par un réseau dirigé par M. Kokoroko, président de l’Université de Lomé, comme instrument de règlement de compte aux candidats aux CCI (Comités Consultatifs Interafricains) et à l’agrégation avec qui ils ont des différends.

Pour rappel, depuis avril 2018, à l’issue de près d’un an d’enquête préliminaire, messieurs Dodzi Kokoroko, Adama Kpodar et Babakan Coulibaley sont suspendus de tout processus d’évaluation du Cames.

Invités à comparaître devant la Commission d’Éthique et de Déontologie du Cames dont les travaux ont eu lieu du 16 au 21 avril 2019, messieurs Kokoroko, Kpodar, leurs avocats et témoins ont bel et bien fait le déplacement du siège de l’institution à Ouagadougou mais au moment des auditions, ils ont évoqué des vices de procédure pour refuser de comparaître.

A suivre
Partager avec des amis
Lire aussi:  Dodzi Kokoroko : le temple des combines? (3/3)