Gestion sanitaire Covid-19: Vives tensions à Sokodé

Gestion sanitaire Covid-19: Vives tensions à Sokodé

19 septembre 2020 Non Par Francisco Akueté
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Les commerçantes et revendeuses du marché central de la ville de Sokodé refusent depuis ce jeudi de rejoindre leurs étalages. Une manière pour elles d’exprimer leur ras-le-bol contre les abus des éléments de la FOSAP, la Force Spéciale Anti-Pandémie. L’intervention du préfet de Tchaoudjo n’a pas réussi à calmer la colère de la population contre les contraventions jugées abusives pour non-respect des mesures barrières notamment le port des masques.

Dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire Covid-19, les autorités publiques ont soumis les villes de Sokodé, Tchamba et Adjengré à un bouclage et à un couvre-feu depuis le 25 août dernier. Une mesure qui a de réelles conséquences pour la population mais dont l’efficacité ne fait pas l’unanimité chez les experts médicaux et épidémiologiques.

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De plus, pour faire respecter les décisions du couvre-feu et de port de masque, les éléments de la FOSAP s’illustrent par des traitements dégradants et inhumains sur la population. « Depuis samedi dernier, les éléments de la Force mixte anti-pandémie patrouillent dans la ville. Tu peux être assis seul à la devanture de ta maison, si tu n’as pas mis de cache-nez, ça te fait 3000 FCFA. » témoigne Safiou [le nom a été changé]. « Jeudi, poursuit-il, le comble était qu’au marché, un policier a exigé d’un père qu’il fasse porter un masque à son enfant. Pourtant l’enfant âgé d’à peine 10 ans mangeait du pâté. Le père a dit que si c’est l’enfant ils veulent prendre, de le prendre lui-même à la place. Le policier a pris le monsieur en plein marché. Les femmes qui ont été témoins de la scène ne l’ont pas digéré. Et tout le marché est descendu dans la rue.»

L’arrivée du Maire de la ville Ahini Mankana Korodowou et le préfet ce vendredi matin ne semble pas faire grand-chose, les femmes sont intraitables. Elles continuent de dénoncer l’abus dans les contraventions.

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Elles en profitent pour faire savoir que le couvre-feu de 18h et le bouclage de Sokodé n’arrange pas leur commerce. Les bonnes femmes ont bravé vendredi les policiers venus en renfort avec des grenades lacrymogènes.

Une situation similaire s’est produite dans le quartier de Didaoure le mercredi passé aux environs de 10 heures. « Je travaille dans une agence de transfert d’argent. Une fille de 19 ans, vendeuse de koliko [frites] est venue prendre la commande de koliko par la fenêtre. Elle a été embarquée dans une voiture de police pour non-respect de la mesure du port de masque. Elle n’était pas en public, mais seule à ma fenêtre de service dehors, moi dedans. » témoigne Tanko [le nom a été changé]. Dans une conférence de presse lundi, le Parti des Togolais, évaluant la gestion de la crise sanitaire Covid-19, estimait que « le remède est plus déplorable que la maladie. »
La mauvaise gestion de la crise sanitaire a aggravé le niveau de pauvreté de la population qui s’envolait déjà jusqu’aux chiffres alarmants de 77 % dans l’Oti-Sud et de 30,3 % dans le grand Lomé.

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