Comment faire plus de 2 mandats quand on est président américain?

Comment faire plus de 2 mandats quand on est président américain?

11 novembre 2020 Non Par Théau Mbemba
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Présidentiel US 2020

Comment faire plus de 2 mandats quand on est président américain? Contester les résultats comme Donald Trump? Utilisez plutôt la méthode Roosevelt. Explications avec le stratège Robert Greene dans Les 33 lois de la stratégie.

En 1940, le président Franklin D. Roosevelt se trouva face à un dilemme. Il approchait de la fin de son second mandat, et jamais dans l’histoire politique des États-Unis un président américain ne s’était présenté trois fois. Mais Roosevelt avait encore beaucoup de choses à accomplir. De l’autre côté de l’Atlantique, l’Europe était embourbée dans une guerre qui finirait certainement par concerner les États-Unis. Sur place, le pays traversait une période difficile et Roosevelt avait en tête des programmes pour y remédier. Mais s’il révélait son désir de faire un troisième mandat, il s’attirerait les foudres de tous, même au sein de son propre parti. On l’avait déjà accusé d’avoir des tendances dictatoriales. Roosevelt décida donc d’utiliser une stratégie de résistance passive pour obtenir ce qu’il voulait. Au cours des mois précédant la convention démocrate, pendant lesquels les membres du parti s’apprêtaient à choisir leur candidat à la présidentielle, Roosevelt répéta constamment qu’il n’était pas intéressé par un troisième mandat. Il encouragea activement les membres de son parti à trouver un candidat pour le remplacer. Mais il surveillait aussi son langage, de façon à ne jamais dire ouvertement qu’il ne poserait pas sa candidature. Il poussa suffisamment de candidats à la nomination pour qu’il n’y ait aucun favori. Ainsi, à l’ouverture de la convention, Roosevelt se retira et son absence fut largement remarquée. Sans lui, la cérémonie n’avait pas grand intérêt. On lui rapporta que des militants se mirent à scander son nom pour le faire venir. Il se fit désirer un moment, puis leur fit passer un message par son ami le sénateur Alben Barkley : « Le Président n’a jamais eu et n’a pas aujourd’hui le désir ou le projet de rester président, de se porter candidat ou d’être nommé par la convention démocrate. » Il y eut un temps de silence. Puis le sol se mit à trembler et tous les délégués scandèrent : « ON VEUT ROOSEVELT ! » Le tapage dura une heure. Le lendemain, alors qu’il fallait voter, ils se remirent à clamer : « ROOSEVELT ! » On ajouta le nom du Président à la liste des candidats et il remporta une victoire écrasante dès le premier tour.

Robert Greene, Stratégie, Les 33 lois de la guerre, Editions Alisio, 2018.

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