Le droit de grève est-il menacé au Togo ?

Le droit de grève est-il menacé au Togo ?

18 février 2021 Non Par Francisco Akueté
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Pour plusieurs syndicalistes, c’est la liberté syndicale, elle-même qui est en péril à l’instar de nombre de libertés constitutionnelles.

Aujourd’hui, c’est la journée internationale du droit de grève. C’est la 6e édition de cette journée déclarée comme telle par la Confédération syndicale international  (CSl), le 18 février 2015.

La lutte contre l’exploitation dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, la campagne contre l’esclavage moderne et l’action pour la transformation industrielle et la réduction des émissions de carbone ont été les « fers de lance » de l’action de la confédération syndicale internationale(CSI)  le 18 février 2015.

Au Togo, la journée internationale du droit de grève est placée sous le signe de la réflexion : « Nous ne sommes pas dans une dynamique de fête pour la simple raison qu’il nous faut aller beaucoup plus loin afin que le monde du travail se porte mieux. », explique Nadou Lawson, coordinatrice de la Synergie des Travailleurs du Togo (STT) dans un entretien accordé hier 17 février 2021 à amaniainfo.com.

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Pour plusieurs syndicalistes, c’est la liberté syndicale elle-même, à l’instar de nombre de libertés constitutionnelles, qui est en péril aujourd’hui au Togo.

« Il n’existe plus de liberté de manifestation au Togo, constate une source anonyme. Elle a été graduellement étouffée. Les organisations de la société civile ont-elles encore une voix ? Non. Nous évoluons de jour en jour vers une autocratie. »

Un constat partagé par la coordinatrice de la STT, Nadou Lawson : « Le droit de grève est en total danger au Togo parce que les gens se disent que si on laisse les travailleurs aller en grève, cela peut nuire aux intérêts des employeurs. Au moment des grèves, il y a beaucoup d’enjeux pour l’économie, faisant que tout esprit aspirant au statu quo n’aime pas entendre parler de grève. »

Confiante, la syndicaliste met en garde : « Qu’on ne cherche pas à nous l’enlever. Qu’on ne nous y pousse pas ! » car les travailleurs sont obligés de recourir à la grève pour obtenir leurs droits parce que « c’est de cela que nous vivons, c’est de cela que nos familles vivent ».

Pédagogue, elle demande aux employeurs de comprendre que les syndicalistes et les travailleurs n’ont rien contre eux : « C’est parce que l’employeur est là que le travailleur est là. De la même manière, c’est parce que le travailleur est là, que l’employeur aussi est là. Sans employé, tu ne peux pas t’appeler employeur ».

Ecoutez l’entretien que nous a accordé Nadou Lawson, hier, veille de la célébration de la journée international du droit de grève.

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Akuete FRANCISCO

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