Le Togo, « le pays où il est le plus facile de faire des affaires » selon Faure Gnassingbé

Le Togo, « le pays où il est le plus facile de faire des affaires » selon Faure Gnassingbé

21 mars 2021 Non Par Francisco Akueté
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L’opposition en doute

Contrairement au chef de l’Etat, pour Nathaniel Olympio le Togo est plutôt l’eldorado des affaires de corruption et de détournements de deniers publics.

Le chef de l’Etat togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, a déclaré que le climat des affaires au Togo est l’un des meilleurs. « Le Togo est le pays où il est le plus facile de faire des affaires », a-t-il indiqué sur le réseau social Twitter, jeudi dernier, 18 mars 2021, à l’occasion de l’édition 2021 du Forum Afrique du CIAN auquel participe  Togo. Réponse du berger à la bergère : « Vous avez parfaitement raison. Affaires empreintes de corruption, vous voulez dire », lui réplique Nathaniel Olympio, le leader du Parti des Togolais (opposition) faisant référence aux multiples affaires de corruption et de détournements présumés de deniers. Ces derniers moments, plusieurs affaires défraient la chronique au Togo.

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Il y a l’affaire dite de « pétrolegate » révélée par le journaliste Ferdinad Ayité. A l’issue d’un audit, un inspecteur général des finances du Ministère de l’Économie relève un détournement. Ce détournement est chiffré à 476.793.633.522 de francs cfa. Le coordonnateur du Comité de suivi des fluctuations des prix des produits pétroliers (CSFPPP), ADJAKLY Fabrice Affatsawo et ses collaborateurs sont incriminés dans cette affaire.

Crimes économiques et culture de l’impunité

Autre dossier, Vincent Bolloré, patron d’une entreprise fleuron de l’industrie française en Afrique, a reconnu avoir eu recours à des pratiques de corruption au bénéfice de l’élection de Faure Gnassingbé. Et cela, en contrepartie de la concession du port de Lomé. La justice française a estimé que les faits reprochés au mis en examen était d’une gravité qui exige une audience correctionnelle publique. Car ce qui est reproché à l’industriel a « porté gravement atteinte à la souveraineté du Togo ».

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Il faut aussi rappeler une autre affaire, celle des suspicions de détournements de fonds publics destinés à la réhabilitation de la route Lomé-Vogan-Anfoin. Ici, le détournement se chiffre à des milliards de FCFA. Le chantier débuté en 2014 devrait être bouclé en dix-huit (18) mois. Sur 36 milliards prévus, ce sont 26 milliards qui ont été débloqués au profit de CECO BTP, l’entreprise prestataire. Le chantier n’a pu être exécuté à la fin du délai. En 2016, le gouvernement a dû contracter un autre prêt d’une trentaine de milliards pour faire reprendre les travaux. Ce qui fait revenir le chantier à environ 57 milliards de FCFA, une dette que le contribuable devra payer.

Au Togo, les affaires de détournements présumés de deniers publics se suivent et se ressemblent. Aucun mis en cause n’est inquiété. L’impunité est de règle et les crimes économiques sont promus. Par deux fois, en 2013 et 2017, des fonds destinés à l’organisation de la participation du Togo à la Coupe d’Afrique des Nations ont fait l’objet d’un détournement. Pour le cas de la CAN 2013, c’est pas moins de 628 millions de FCFA qui sont partis en fumée d’après l’audit d’un cabinet indépendant.

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Akuete Francisco et Théau Mbemba

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