L’assassinat de Sylvanus Olympio, un traumatisme collectif selon Gnimdéwa Atakpama

L’assassinat de Sylvanus Olympio, un traumatisme collectif selon Gnimdéwa Atakpama

13 juillet 2021 Non Par Théau Mbemba
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L’assassinat de Sylvanus Olympio, un traumatisme collectif dont les Togolais doivent sortir ! C’est ce que pense Gnimdéwa Atakpama. Au cours d’une émission hier sur les ondes de Nana FM, le délégué national aux affaires intérieures du Parti des Togolais s’est prononcé sur la démarche récente de la famille Olympio. Cette dernière a, en effet, demandé aux autorités françaises la vérité sur les circonstances de l’assassinat de Sylvanus Olympio.

La démarche de la famille Olympio pour connaître la vérité sur l’assassinat de Sylvanus Olympio est bienvenue selon le délégué national aux affaires intérieures du Parti des Togolais. En effet, cinquante ans après, le mystère reste entier sur l’assassinat du premier et seul président démocratiquement élu du Togo. Jean-Sylvanus Olympio, un neveu du père de l’indépendance togolaise mandaté par la famille demande l’accès aux archives françaises dans le but de connaître la vérité sur la mort de Sylvanus Olympio. Une démarche qu’on aurait dû faire depuis longtemps d’après Gnimdéwa Atakpama.

Il explique :

« L’Etat togolais aurait dû le faire. N’importe quel citoyen togolais aurait dû le faire. Maintenant, nous avons laissé la famille Olympio dans l’obligation de prendre l’initiative. Dommage que cela se soit passé ainsi. Voyez-vous, le dossier Sankara date de 1987. Ce dossier est déjà déclassifié. Le dossier du génocide rwandais qui date de 1994 est également déjà déclassifié. Le dossier Sylvanus Olympio date de 1963. Il aurait dû être déclassifié depuis longtemps. Pourquoi ? Parce que les Togolais n’ont pas encore fait le deuil de Sylvanus Olympio. Pour faire un deuil, on a besoin de connaître la vérité. De connaître ce qu’il s’est réellement passé. Qu’est-ce qui s’est réellement passé ? Ce n’est pas en faisant la politique de l’autruche que nous pouvons nous réconcilier entre Togolais. Si nous n’affrontons pas notre passé, nous ne pouvons pas progresser ensemble. »

Gnimdéwa Atakpama

Faire le deuil

Faire le deuil est également une préoccupation de la famille Olympio. Sur AJ+, Jean-Sylvanus Olympio confie :

« Vous imaginez, depuis 58 ans, aucun enfant de la famille n’a fait le deuil. Nous avons beaucoup souffert de cet assassinat. Il y a eu beaucoup de non-dits. On aimerait bien expliquer à nos enfants ce qui s’est passé. Aux autorités françaises, je leur demande la vérité : l’ouverture des archives. »

Jean-Sylvanus Olympio

Cependant pour Gnimdéwa Atakpama, la vérité sur l’assassinat du père de l’indépendance togolaise dépasse, en principe, le cadre de la famille Olympio.

« C’est un patrimoine pour tous les Togolais. Tous les Togolais ont besoin de faire le deuil de Sylvanus Olympio. De connaître la vérité. Nous avons besoin pour l’histoire de savoir ce qu’il s’est passé. J’encourage d’ailleurs l’Etat à appuyer cette demande. J’encourage également les organisations de la société civile togolaise à appuyer cette demande. »

Gnimdéwa Atakpama

Commentant les propos du leader politique, un auditeur s’est interrogé sur la pertinence de la démarche. Ce dernier estime que ceux à qui la vérité devait profiter sont déjà partis, sous-entendu, morts.

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Réponse de Gnimdéwa Atakpama :

« Ceux à qui la vérité doit profiter, c’est l’ensemble des Togolais. Ce qu’il s’est passé c’est un traumatisme collectif. Nous devons régler ce problème entre nous pour entrevoir l’avenir. […] L’action initiée par la famille Olympio, une action qui aurait dû être en principe initiée par l’Etat ou tout autre citoyen, n’a pas pour finalité une question pécuniaire. C’est pour la vérité. Pour pouvoir faire le deuil. Quand on n’a pas fait le deuil, le traumatisme continu. Et nous devons sortir de ce traumatisme-là. »

Gnimdéwa Atakpama

Une question d’histoire et de mémoire

A en croire le délégué national aux affaires intérieures du Parti des Togolais, c’est une question d’histoire et de mémoire.

« Qu’est-ce que nous allons enseigner à nos enfants si nous n’avons même pas de version officielle ? C’est une question d’histoire et de mémoire. Un pays pour se développer a besoin d’histoire, a besoin de mémoire, a besoin de roman national. Ceux qui doivent en profiter sont toujours là. Ils seront toujours là tant que l’entité qu’on appelle Togo existera. », a-t-il insisté.

Gnimdéwa Atakpama

L’émission a également abordé d’autres points de préoccupation des togolais. Notamment le phénomène de la vie chère, la non-participation du Parti des Togolais au dialogue au sein du CNAP (Concertation nationale des acteurs politiques), la crise sanitaire liée au Covid-19 et l’avenir immédiat du Togo.

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On retiendra que le numéro 2 du Parti des Togolais propose une recette simple pour sortir le Togo de la crise : une transition politique !

« Nous devons pour régler nos problèmes, aller à la source de ces problèmes. Tout ce que nous vivons a une cause : le régime en place. La solution, c’est d’avoir une transition politique pour réconcilier les Togolais et aller vers un développement humain et durable. Mais pour l’avoir, nous devons l’arracher, parce que cela ne se donne pas, cela ne donnera pas. Sans une forte pression, ce régime-là ne nous donnera jamais cette transition politique. C’est pour cela que nous disons aux Togolais d’être prêts. Sans conflit, nous n’allons pas y arriver. Il faut nécessairement engager un conflit avec ce régime pour arracher la transition politique pour le bien des Togolais. »

Gnimdéwa Atakpama

Dans une interview exclusive, Nathaniel Olympio, le président du Parti des Togolais a récemment exprimé une nuance entre conflit et violence. «La violence, dans toutes ses formes, doit être évitée. Le conflit quant à lui est une force positive de changement. […] Il est alors parfois nécessaire d’intensifier le conflit pour permettre d’avancer vers sa résolution dans l’intérêt général du peuple.», disait-il.

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