Un beau coup de filet de la gendarmerie qui a mis la main sur de dangereux individus

Un beau coup de filet de la gendarmerie qui a mis la main sur de dangereux individus

2 août 2021 Non Par Théau Mbemba
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Coup de filets de la gendarmerie togolaise! Un Ali Baba moderne, un vendeur de chanvre, un voleur de porcs et la terreur d’un quartier dans les mailles ! C’est le menu de Perles d’archive de ce jour. Togo-Presse n°1431 du lundi 17 avril 1967

La gendarmerie togolaise a fait du beau travail la semaine dernière. L’adjudant-chef Céphas Amékoulapé et ses hommes ont réussi à mettre le grappin sur Sedoh Dago, l’Ali Baba moderne du Togo, cet insaisissable chef de bande qui nargue la police depuis des années. La gendarmerie a également capturé Sylvestre de Conzague, un jeune homme de 28 ans sans métier avoué, mais qui dépensait de l’argent comme si c’était lui qui avait gagné le gros lot à la loterie nationale. La vérité est que le métier inavoué de Conzague est le trafic de stupéfiants.

Raphaël Quinquinado est également sous les verrous. Quinquinado, de son vrai nom Raphaël Abaké Koutoglo est le voleur éclectique, qui ne s’en prend qu’aux porcs. Les éleveurs de Bè en savent quelque chose. Pour compléter ce fabuleux tableau de chasse, il faut citer également Philippe Adakpahou, ex-militaire de Totsi près de Kakaveli à Agouevé, qui menaçait de tuer tout le monde. De toutes ces arrestations, celle dont on se félicite le plus à la gendarmerie est la capture de Sedoh Dago, 34 ans, originaire d’Agouevé.

Il y a en effet longtemps que Dago se joue, non seulement de la gendarmerie togolaise, mais également de la police ghanéenne. Finalement, policiers ghanéens et gendarmes Togolais se sont entendus pour synchroniser leurs enquêtes et « filer » ensemble Dago, qui, suivant sa tactique, se déplace beaucoup et ne passe jamais deux nuits de suite dans le même village. Dans le temps, sa bande était basée à Ziomé, situé au Nord d’Aflao, en territoire ghanéenne. Mais la bande opérait de préférence à Lomé et ses environs.

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La gendarmerie togolaise plus forte que Ali Baba du Togo

Pour chaque quartier chaque village, Dago avait une « équipe de travail » différente. C’est ainsi que pour aller voler des vélomoteurs ou cambrioler des appartements à la cité de l’avenir à Tokoin, Dago se rendait sur les lieux avec l’équipe « chargée » de ce quartier.

L’équipe avec laquelle il a récemment pillé le directeur commercial de la Brasserie du Bénin à Agouevé n’est pas la même que pour celle avec laquelle il vous aurait cambriolé s’il vous avait inscrit sur la liste. Dans les villages reculés, on dit même qu’il se permet de prévenir d’avance ses victimes, ce qui ne l’empêche pas d’exécuter sa « sentence » à l’heure dite et sans faillir.

Ali Baba lui-même n’a pas eu de serviteurs aussi nombreux et aussi zélés que Dago. Il avait ses spécialistes pour chaque genre d’activité, qu’il s’agisse d’une attaque à main armée (ils attaquent à coups de coupe-coupe la nuit les cyclistes et cyclomotoristes attardés) ou d’une simple excursion dans un poulailler. Vraiment après une telle prise on a le droit de jubiler, à la gendarmerie de Lomé.

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30.000 francs à la banque chaque mois

Il ne fait apparemment rien. Mais il est nanti d’un respectable compte à la banque. À chaque fin du mois, comme d’honnêtes citoyens, Sylvestre de Conzague s’en va déposer 30.000 francs à son compte à la banque. Récemment, il avait acheté et payé argent comptant, un poste radio « Sony » coûtant la bagatelle de 67.000 francs. Tout cet argent provenait de la vente de chanvre indien qui, comme chacun le sait, est un stupéfiant dont la vente est interdite sur le territoire togolais. Pour se livrer à ce commerce illicite, de Conzague avait construit un petit hangar à la plage, dernière le marché aux poissons. C’est là qu’il écoulait sa marchandise provenant, dit-on à la gendarmerie, de plantations situées au Dahomey et au Nigeria.

Pour se faire servir « chez de Conzague », il ne fallait pas seulement de l’argent aux toxicomanes de Lomé, il leur fallait détenir le mot de passe. Vendredi, un gendarme déguisé en civil, s’était présenté à de Conzague, prononça le mot de passe. Il ne nous ne nous a pas été possible de savoir par quel moyen il l’a su. De Conzague rassuré, le servit, mais en guise de paiement, vit un pistolet braqué sur lui. C’est ainsi, qu’il fut fait prisonnier avec un complice, Salifou Mama, 26 ans.

« Dans le porc »

Pour un voleur, Koutoglo ne se trouvait pas assez bien nommé. Aussi a-t-il décidé de se donner le nom de guerre de « Quinquinado ». Avouez que cela ne sonne pas mal du tout. « Quinquinado » donc avait un frère, Bossa qui lui a fait part de son désir de faire carrière « dans le porc ». « Rien de plus facile, lui lui dit Quinquinado, je t’en  fournirait ». Chaque soir, Quinquinado allait voler des porcs aux éleveurs de Bè. L’autre jour il a été surpris en train de ficeler une grosse truie. C’est ce qui le perdit. Bossa, après avoir été interrogé, a été relaxé. Il n’est manifestement pour rien dans la condition répréhensible de son frère à qui il achetait, en toute bonne foi, les bêtes, à des prix raisonnables.

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La terreur du village

Les paisibles habitants de Totsi ne craignent rien autant que leur compatriote Philippe Adakpahou, 45 ans. C’est la terreur du village. Il se dit ancien combattant ayant été au feu sous l’uniforme des « Abongo », les tirailleurs de l’ancienne côte de l’or. Et il se croyait tout permis.

L’autre jour, il déclarait a une femme dont il n’avait pas apprécié le language, qu’avant longtemps elle verrait de quel bois lui, Adakpahou, se chauffait. La nuit même, la case de la pauvre femme brûla dans un incendie allumé par une main criminelle. Le jour d’après, il menaça d’envoyer du plomb dans le ventre d’un de ses compatriotes. Il avait l’air sérieux et avait un fusil chargé. Mais avant d’avoir mis sa menace à exécution, la gendarmerie est intervenue.

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