Sensationnelle évasion à la prison de Lomé

Sensationnelle évasion à la prison de Lomé

4 août 2021 Non Par Théau Mbemba
Partager avec des amis

Evasion spectaculaire à la prison de Lomé. Menottes aux mains, le chef de bande Sédoh Dago fausse compagnie à ses gardiens. Pour la 5è fois ! Une perle d’archives parue dans Togo-Presse n°1444 du vendredi 5 mai 1967.

Branle-bas lundi dernier à 18 h 45 à la prison civil de Lomé ; Sédoh DAGO, le fameux bandit qui, deux semaines plus tôt avait été arrêté après une mémorable enquête menée de concert par la police du Ghana et celle du Togo, s’était évadé.

Sédoh DAGO est le chef d’une bande de malfaiteurs basée à Ziomé, près d’Aflao. Il avait déjà été arrêté 4 fois. Quatre fois, il s’était évadé de prison. Lundi, c’était la cinquième fois. Le 4 avril dernier, quand il avait été retrouvé une nouvelle fois, avec le concours de la police ghanéenne, policiers et gendarmes s’étaient mis d’accord pour l’avoir à l’œil.

Je suis malade d’être toujours aux fers

À la prison, il était le seul détenu à qui on avait refusé d’enlever les menottes. DAGO s’était plaint dernièrement aux autorités togolaises quand celles-ci avaient visité la prison de Lomé.

Lire aussi:  Des prêtres de Hebiesso arrêtés pour avoir enlevé la jeune Amivi

-Je suis malade d’être toujours aux fers. Je vous garantis que je ne tenterai pas de m’évader si l’on m’enlevait mes menottes parce que j’en ai marre de vivre en marge de la société. Je veux tranquillement purger ma peine et aller vivre en honnête citoyen, je vous supplie de me croire.

On ne le crut pas, parce qu’on se défiait de ce bandit qui tentait de se faire passer pour un agneau. On lui proposa le cachot où il pouvait vivre sans les menottes qu’il maudissait.  Mais Dago qui, en fait, avait déjà son plan d’évasion refusa. Il avait déjà étudié le va-et-vient des sentinelles.

Lundi profitant de l’absence de la sentinelle allée porter la nourriture à un autre détenu, Dago tout menotté qu’il était, escalada le mur de la prison, les autres détenus faisaient alors un chahut monstre.  Probablement certains d’entre eux tentaient de couvrir la fuite de Dago. Quand la sentinelle revint, elle eut du mal à se frayer un chemin jusqu’au mur par où avait passé le fugitif. Le gardien aurait même menacé de tirer sur ceux qui tentaient de s’opposer à lui. Quand l’alerte générale fut donnée tous les autres gardiens se sont rués sur la porte de la prison afin de la barricader, car il y avait eu dans le passé quelques deux ou trois tentatives d’évasion. Les détenus avaient alors essayé de forcer la porte d’entrée. Dago lui, avait voulu essayer une tactique inédite. Et il a réussi.

Lire aussi:  Un honnête marchand nigérien dépouillé de deux balles de tissus par quatre voleurs

La surveillance de la prison de Lomé n’est pas sans faille

Il faut dire que la surveillance de la prison de Lomé n’est pas sans faille. Il y a seulement 7 soldats pour surveiller les quelques 400 pensionnaires de la prison de Lomé.

L’évasion de Dago est d’autant plus surprenante qu’à la prison on s’y attendait un peu, parce que Sédoh Dago, comme nous le disons plus haut, s’était déjà signalé, à 4 reprises par des évasions d’une audace hors de la portée du commun des mortels. Il avait déjà faussé compagnie aux gardiens de la prison de Tsévié, de Sokodé, de Lama-Kara et de Bassari.

On gardera longtemps le souvenir de son évasion de Bassari. Il était 4h30 du matin quand il quitta la prison en compagnie d’un acolyte.  A 6 heures du matin, quand ses poursuivants arrivèrent à Sokodé, en « jeep » bien sûr, ils apprirent que Sédoh Dago les avait déjà devancés. On se demande encore comment il avait pu, à pied, couvrir les 60 Km séparant les deux villes. Son compagnon, encore un « tendre » n’avait pas pu maintenir l’allure de son maître et, à bout de souffle, avait été ramassé en chemin par les gardes.

Lire aussi:  Christophe Amados, en Israël on l'appelle avec respect « Monsieur l’ambassadeur du Togo »

Il est probable que Dago à qui l’on reproche une multitude de cambriolages, notamment ceux de la Brasserie du bénin à Agouévé (c’est le village natal du bandit) ne jouira pas longtemps de sa liberté volée.

Partager avec des amis

Je soutiens librement Amaniainfo et je fais un don maintenant.

Parce que je veux comprendre et donner un sens au monde.

Je fais un don maintenant