Une vérité qui dérange sur les institutions panafricaines

Une vérité qui dérange sur les institutions panafricaines

19 novembre 2021 Non Par Guillaume Guianissio
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L’histoire africaine va-t-elle se répéter « ad vitam aeternam » ? Que de tragédies ubuesques s’accommode l’Afrique ! Et cela passe surtout par ses sommités corrompues et des organisations vassalisées. C’est d’un véritable syndrome de Stockholm il s’agit. L’Orient, lui, s’en est bien affranchi. Aujourd’hui, plusieurs de ses dragons rivalisent avec l’Occident…en rang de puissances mondiales !

Les institutions panafricaines: une imposture! Alors que le continent ne comptait que peu d’intellectuels de haut rang, les pionniers et pères des indépendances ont mené pourtant de combats nobles. L’affranchissement définitif devrait suivre avec la progéniture. Malheureusement aujourd’hui, malgré la pléthore d’hommes et femmes formés, une jeunesse majoritaire et lettrée assise sur un réservoir de richesses incommensurables, le vieux continent ne décolle toujours pas. Pire, les Etats impérialistes ont complètement vassalisé par les institutions panafricaines. Quelle imposture !

Tout comme dans l’allégorie de la caverne…

Cette caverne est creusée au plus profond de l’Afrique contemporaine. C’est un gouffre plus béant qu’au moment du choc des civilisations et de l’esclavage. Dans celle caverne vivent désormais des peuples chosifiés, zombifiés par l’Occident. Leurs réalités quotidiennes sont des ombres du réel qu’on leur agite. Du politique, de la culture et de l’économie, tout est illusion, hypocrisie et esclavage. La résurgence du panafricanisme peut-elle apporter un salut ?

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Aucune certitude ! A l’idée de laisser échapper une Afrique combative à l’instar de l’Asie, l’Occident se bat comme un beau diable face au bénitier panafricaniste. Les valets nègres discréditent tout mouvement d’influence consciente néo-panafricaniste. Seuls, les espaces de la révolution numérique rivalisent encore avec acharnement contre l’embrigadement des médias d’Etat. Les diasporas et quelques élites animent encore une information fluide vers les peuples.

Mais contre eux, on a creusé des tranchées institutionnelles pour mieux balkaniser les peuples. On ose les appeler institutions panafricaines. Par elles, des Judas aux ventres bedonnants projettent des sketchs en guise de développement. Un chemin de croix aux stations chaotiques qui ramènent sans cesse l’Afrique et les africains sous la domination.

Des institutions panafricaines aux ordres

Nos institutions panafricaines sont donc devenues des freins à notre émancipation. Pire, ce sont des prisons pour nous embrigader. Multiples, elles sont totalement inféodées aux ordres de la finance occidentale. Elles ne jouent que les rôles qui leur sont édictés, sabordant la vision de l’union africaine chère aux peuples d’Afrique.

Les exemples sont légion :

  • Union Africaine (U.A.)
  • Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC)
  • Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)
  • Union du Maghreb Arabe  (UMA)
  • etc.
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Ces institutions dites panafricaines sont de gîtes de fonctionnaires vachement engraissés par les néo colons, outre le syndicat de chefs d’Etats sans ambitions pour l’Afrique et les Africains. Voilà pourquoi les panafricanistes doivent les détruire afin de reconstruire de nouvelles institutions plus crédibles.

Première phase de la lutte

La main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit… Les diktats des occidentaux qui s’exécutent dans nos grandes institutions sont proportionnels au financement de ces institutions au titre de la coopération. Refuser de fonctionner avec l’argent des autres est déjà un début de solution. Des Etats l’ont essayé et ont réussi. Il faudrait rompre avec l’esprit de la mendicité et exiger de nos Etats le payement de leurs contributions dans les institutions auxquelles ils adhèrent volontairement. Aucune organisation ne peut survivre sans la contribution financière de ses membres. Avant d’être une obligation, ce n’est que du bon sens.

L’union fera la force lorsque personne ne sera le parasite de l’autre. Les panafricanistes, boostés par une nouvelle catégorie de leaders charismatiques contre l’impérialisme, sont déjà en voie de mutualiser leurs efforts. Et ceci à travers des dynamiques de mobilisation civiles et politiques. Nos Dirigeants devraient en faire de même et commencer à mutualiser les ressources pour le fonctionnement autonome de nos institutions panafricaines. Cela entraînerait à coup sûr la moralisation et la bonne gouvernance au niveau de ces institutions en commençant par la réduction des salaires monstrueux de ses fonctionnaires.

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Deuxième phase de la lutte…

La création d’une force d’intervention africaine d’élite. Autonome et moderne, elle est dotée d’une cellule de recherches atomiques et spatiales. Les casques bleus de l’Onu ont montré leurs limites. Elles se comportent généralement soit en troupes folkloriques soit en forces d’occupation. Pour faire des guerres occidentales, on fait appel à l’OTAN et non aux troupes onusiennes. L’Afrique doit aussi être capable de se défendre elle-même. C’est à ce prix qu’elle sera redoutée, écoutée et respectée. Des programmes d’armement de pointes voire nucléaires doivent être le premier souci du continent pour s’extirper de la domination. Car, « Homo homini lupus est ».

Dans un monde en proie aux plus forts, « la liberté est à la paix ce que la victoire est à la guerre » (Emile de Girardin ; Les pensées et maximes (1867)). Que cessent donc les condamnations absurdes contre les peuples africains et leurs dirigeants, lorsque ceux-ci aspirent à la paix sur leur territoire.

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