Le kihap : le premier pas pour progresser dans la pratique du taekwondo

Le kihap : le premier pas pour progresser dans la pratique du taekwondo

29 novembre 2021 Non Par Maître Kokou

Comme je vous l’expliquais dans un article précédent, le taekwondo  est à la fois un sport, un mode de vie et une philosophie. A ce titre, il encourage en plus des mouvements physiques, la discipline mentale et la concentration. Les praticiens du taekwondo lors de l’exécution de diverses techniques poussent un cri fougueux. C’est le Kihap. Il s’utilise pour concentrer la puissance mentale. Caractéristique majeure du taekwondo coréen, le Kihap partage des similitudes avec Le kiai de l’aïkido, du karaté, du kobudo, du kendo et du judo japonais.

Le Kihap traduit une  union des énergies

Le cri poussé dans les arts martiaux et au Taekwondo en particulier  a beaucoup  d’importance chez le pratiquant. Ce cri au Taekwondo  s’appelle, comme on l’a vu Kihap. Il  désigne dans les arts martiaux une expression de l’état d’âme  qui précède ou accompagne l’application d’une technique. Ce cri est utilisé notamment pour marquer une volonté d’action, ou bien pour perturber la concentration de l’adversaire .Le Kihap traduit une  union des énergies.

Le Kihap, en effet, n’est pas un cri  banal. C’est le souffle qui donne vie à notre Taekwondo  car il prend naissance dans le ventre. Il concentre notre énergie intérieure, physique et mentale, pour ensuite expulser en un instant tout ce qui est en nous.

La libération de toute cette énergie permet entre autre de :

  • concentrer la force au moment de la frappe
  • d’exprimer sa détermination
  • de réguler sa respiration
  • d’intimider son adversaire
  • et évacuer stress et tension.

Le Kihap peut également servir à dialoguer entre pratiquants lors d’exercices ou avec les arbitres lors des compétitions.

Ainsi donc le kihap  finit naturellement dans la pratique par devenir  une appropriation dont on fait usage fréquemment

Travailler et se peaufiner sa technique

Le Kihap n’est pas un cri banal

Le kihap n’étant pas un cri banal, il est frappant de constater que chacun l’exprime d’une manière spécifique et différente des autres. Il faut retenir que le kihap se travaille et se peaufine : plus vous allez progresser dans votre pratique, plus votre kihap sera fort, clair, puissant, efficace… et unique. Ce cri poussé individuellement ou collectivement dans les séances d’entraînement dégage de la vibration ou encore une sorte de transe.

Crier, ça peut libérer si on est trop timide ou crispé sous la charge. C’est une façon de donner tout ce qu’on a. Tel un placebo, le kihap  peut même à lui seul nous faire passer un cap dans la pratique.

Il m’est déjà arrivé de revoir des vidéos où j’étais dans un tel état d’explosion, d’émotions que je ne me reconnaissais pas.

Selon une légende, l’emblématique maître Miyamoto Musashi aurait fait fuir un adversaire juste par son Kihap. En effet, devant son adversaire Miyamoto le plus célèbre escrimeur de l’histoire du Japon aurait poussé un cri inaudible qui a fait instantanément mourir un scorpion. Le scorpion mort chute devant son adversaire, qui, paniqué prend la fuite. On raconte aussi qu’un kihap correctement effectué peut provoquer la mise en résonnance d’un corps jusqu’à sa rupture.

Comment réaliser le kihap ?

Ce n’est jamais évident de crier en public. Mais le kihap avant d’être un cri est une vibration que vous devez ressentir. Ne vous attendez pas à réussir du premier coup. Petit à petit, on améliore sa posture, sa respiration et on progresse. Laissez remonter l’énergie de votre ventre et expirer le cri jusqu’au bout. Le cri doit venir des tripes. Au besoin réveillez votre colère.

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Entrainez-vous souvent seul afin de pouvoir pousser votre kihap sans gênes avec le groupe.

La clé pour un bon kihap c’est une bonne respiration. Mais cette dernière dépend d’une bonne posture. Le taekwondo est un tout. Votre kihap s’affinera au rythme de votre apprentissage des mouvements musculaires et respiratoires. Et ça, c’est une bonne nouvelle !

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