Le panafricanisme : le plus court chemin vers l’équilibre de la terreur

Le panafricanisme : le plus court chemin vers l’équilibre de la terreur

3 décembre 2021 Non Par Guillaume Guianissio
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Pour les africains qui veulent en finir avec le terrorisme, notre chroniqueur GUIANISSIO Guillaume Dominique prescrit un puissant antidote : le panafricanisme.

Terrorisme, djihadisme, groupes armés, rebellions, séparatisme…tel est le lot quotidien des peuples africains martyrisés sur la terre de leurs propres ancêtres !Ne soyons pas dupes ! Ce n’est pas le ciel qui nous tombe sur la tête. La bonne question à se poser est qui finance les terroristes ?

La réponse est presque évidente. Dans les chapelles panafricanistes, les langues se délient. On n’hésite plus à pointer du doigt des intérêts occidentaux qui tiennent mordicus à garder le vieux continent dans son rôle de réservoir de matières premières.

En ce sens, le terrorisme apparait comme une stratégie de diversion. C’est-à-dire que tandis que des factions se battent contre des régimes légaux par usurpation, les impérialistes, eux, ont le temps d’accaparer librement les richesses du pays.

Il paraît que c’est plus subtil que les génocides des « indiens » d’Amérique et des aborigènes d’Australie. L’objectif reste pourtant le même et vient nourrir le vieux complot d’une Afrique sans les Africains !

Les dirigeants africains s’en inquiètent-ils ?

Le terrorisme progresse sur le continent. Il paralyse la croissance et rabat les cartes de la géopolitique et de la géostratégie. Il s’attaque aux Etats les uns après les autres. Mais les dirigeants africains ne sentent pas encore concernés. Pour eux cela n’arrive qu’à ce voisin « bête », « dictateur » ou « récalcitrant aux intérêts étrangers ».

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Pourtant, à corps et à cris, les peuples exigent de leurs dirigeants des réactions. Ne serait-il pas temps de quitter l’immobilisme confortable de la collaboration ? Pourquoi ne pas faire tomber ce cadenas buccal qui les empêche de dire la vérité à leurs peuples ? Les dirigeants sont autant terrorisés que leurs peuples.

Partout, le modus operandi est le même. Le pyromane revient sur les lieux du crime en pompier. Et les organisations panafricaines (UA, CEDEAO, CEMAC, etc) en collaboration avec l’ONU travaillent à ramener le loup dans la bergerie. Ils appellent cela des opérations de « maintien de la paix ».

Quand la « spiritualité » s’en mêle…

Le terrorisme utilise la terreur contre les gouvernants africains et leurs populations par le truchement de massacres, de guerres sécessionnistes et d’installations des bases militaires étrangères.  L’objectif n’est pas que géopolitique et économique. La spiritualité s’en mêle allégrement afin de contrôler l’intelligentsia africaine et recruter sa jeunesse montante.

Il est de notoriété publique que le terrorisme contre les peuples africains n’est en rien un fait nouveau. Il aurait simplement prospéré en se sophistiquant.  Devenant l’arme privilégiée des Etats impérialistes pour piller le continent dans un chaos savamment orchestré.

Aux siècles précédents par exemple, l’usage de la terreur négrière avait permis de chasser et capturer du gibier-esclave pour alimenter le commerce triangulaire. Une pratique cruelle et génocidaire qui se faisait avec la bonne conscience du droit pontifical. La colonisation qui n’en est pas moins barbare se para du vernis du philanthropisme civilisationnel. C’était le temps béni des travaux forcés pour le ravitaillement des métropoles.

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La néo colonisation ensuite, comme avatar des précédents, récupéra plus subtilement la même terreur à travers des accords occultes dits de « coopération privilégiée ». Ces accords permirent d’assurer discrètement le maintien de la domination. Et s’il advient que la machine grince, l’ordre dominant est rétabli par des coups d’états.

Les liens incestueux contractés dans les loges étrangères peuvent-ils expliquer pourquoi des dirigeants bradent les richesses de leurs pays respectifs dans l’unique but de préserver le fauteuil présidentiel ?

Le panafricanisme comme antidote au terrorisme en Afrique

Il est impérieux pour les panafricains d’intensifier la lutte vers cette direction. Des dirigeants intégrés aux sociétés secrètes à relents impérialistes, extrémistes et religieux ne sont-ils pas de facto des terroristes ?

Qu’il s’installe sous le prisme religieux, économique, politique ou social, le terrorisme n’a qu’un géniteur : les intérêts capitalistes occidentaux. Auxquels il faut ajouter les expansionnistes de l’extrémisme religieux du Moyen-Orient.

Tous les ordres terroristes en sont issus. Ils sont créés pour organiser le chaos par lequel façonner un nouvel ordre mondial.

Quoique balbutiant, tentant lentement de faire converger plusieurs approches, le mouvement panafricaniste commence à s’imposer comme l’antidote le plus efficace pour mettre fin à la terreur sur le continent. Pour cela, il doit rétablir l’histoire authentique des religions et s’ouvrir à la spiritualité africaine.

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Plusieurs voix panafricanistes (scientifiques, historiennes, philosophiques) s’accordent de plus en plus sur une matrice capitale de la spiritualité. Les grandes religions importées en Afrique, de l’islam au christianisme en passant par le judaïsme et autre bouddhisme dérivent toutes de la spiritualité nègre de l’Egypte pharaonique. Au fil du temps, la substance spirituelle fut falsifiée pour servir les intérêts impérialistes et capitalistes des plagiaires.

Il en est de même pour les sociétés secrètes aussi bien dans leur organisation que dans certaines doctrines.

S’approprier la spiritualité africaine

Il s’avère donc nécessaire pour les panafricains non seulement de lutter contre ces sociétés sectaires, mais surtout de songer à créer, à l’instar des universités, de nouvelles sociétés secrètes originales africaines. Celles-ci s’inspirant surtout des racines africaines longtemps diabolisées de fétichistes.

La spiritualité domine le monde à travers ses adeptes scientifiques et politiques. Il faudrait dire adieu à l’unité africaine et au rêve des Etats-Unis d’Afrique tant que :

  • les cadres et dirigeants africains recevront leurs directives des sociétés secrètes étrangères,
  • les églises monothéistes, falsification de la spiritualité nègre, garderont leurs faciès occidentalisés actuels,
  • la culture et la spiritualité ancestrale ne seront pas actualisées

Ils peuvent dire également adieu à la sortie du franc CFA, à la fermeture des bases militaires et à la démocratie par la vérité des urnes.

GUIANISSIO Guillaume Dominique est consultant en Développement Local, analyste politique et panafricaniste

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