Comment les intellectuels africains sabotent le panafricanisme

Comment les intellectuels africains sabotent le panafricanisme

11 décembre 2021 Non Par Guillaume Guianissio
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Balbutier, bégayer, bredouiller…malgré l’important vivier d’hommes capable de propulser le continent africain vers son émergence ! Voilà notre paradoxe. Un vrai scandale quand on pense à la quantité d’intellectuels que compte notre continent !

Le grand nombre d’intellectuels africains ramène sur le devant de la scène la difficile question de la mise en œuvre du panafricanisme. En effet plus de deux siècles ont vu mourir différents courants du panafricanisme. Quand on pense aux grandes figures du panafricanisme de 1900 à 1970, aux gigantesques congrès, on ne peut que se demander si le néo-panafricanisme est un phénix qui renaît de ses cendres ou un énième leurre.

Les peuples africains se réveillent ci et là sous l’impulsion de quelques rares leaders panafricanistes. L’ère serait devenue favorable grâce aux nouvelles technologies de l’information.

L’espérer, c’est avant tout briser les chapelles et renforcer l’union. Une union véritable loin de nos unions institutionnelles infectées par le virus du capitalisme occidental. Ces dernières sont au final un handicap pour les peuples africains. Car elles répondent aux diktats d’acteurs extérieurs. Des dirigeants du nouvel ordre international.

Comment faire pour avoir de nouvelles institutions qui fonctionnent pour le bien-être et les intérêts des Africains? Quelle sera, dans la rude guerre pour l’émergence panafricaine, la place des médias et de l’enseignement supérieur? Et les syndicats ? Les parlements et autres instances juridiques ? Comment faire pour qu’ils aient une influence sur les décisions mondiales?

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Ces questions et bien d’autres encore méritent une réflexion approfondie. Pour être réaliste, il nous faut un panafricanisme « fourmi » et non « cigale ».

Être ou ne pas être

L’unité, c’est le caractère de ce qui n’est ou ne fait qu’un. Le caractère de ce qui forme un tout substantiel et cohérent, une seule entité.

Primo, les leaders panafricanistes doivent s’unir, avoir un agenda commun, avant d’envisager l’union des peuples.

Secundo, ils doivent créer un fonds car sans « le nerf de la guerre » les luttes futures, une fois vouées à la corruption occidentale, ne tiendront qu’à un poil dans une Afrique déjà pauvre.

Tertio, il faut créer une université panafricaine.

Et enfin, tenir des congrès panafricains des peuples avec leurs leaders et la diaspora. Cela suppose peut-être l’accession à la magistrature suprême de partis panafricains dans plusieurs pays africains.

Le néo panafricaniste pour réussir doit s’annoncer au grand jour comme « Être ou ne pas être » face à un nouvel ordre mondial qui œuvre pour une Afrique sans Africains.

A ce propos, je veux citer le béninois Sèdjo Yves Mahoulikponto dans un avis fort réconfortant:

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« Être : se savoir vivant, avoir réussi dans la vie, avoir été capable de prendre de grandes décisions afin d’avoir une meilleure vie… Ne pas être : en fin de compte, être le produit du doute, n’avoir pas pu prendre de vraies décisions pour prouver son existence à l’humanité, se retrouver dans le regret lève le doute et prouve à suffisance que l’on a vécu inutilement sans accomplir de grande chose. Être ou ne pas être, est tout ce qui définit l’homme. »

Le seul doute sur l’aboutissement heureux du panafricanisme vient des intellectuels africains. Des intellectuels qui s’opposent au panafricanisme non pour des raisons idéologiques mais par accointance coupable et pour leur ventre. Ces intellectuels à la solde d’intérêts étrangers ferment les yeux sur la présence d’armées occidentales sur le continent.

Des intellectuels africains obscurantistes !

Les populations, ayant décidé de remettre la destinée du continent à « ceux qui ont été à l’école du Blanc, se retrouvent au final trahies.

L’analyse des attitudes de bon nombre d’universitaires africains laisse entendre que ces derniers détestent leurs peuples. C’est grâce, par exemple, à de brillants intellectuels africains que la sortie du FCFA a été renvoyée aux calendes grecques. De même que le maintien des troupes françaises et de l’ONU sur le sol africain. Pareil pour l’obligation vaccinale alors que l’Afrique est le continent le moins touché par la pandémie.

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C’est pour cette raison que l’homme de la rue les intellectuels africains de « nègres de maison » et de « contremaîtres impérialistes ».

D’après l’universitaire palestino-américain Edward Saïd : « L’intellectuel est la seule personne qui peut dire la vérité en face de l’autorité, c’est celui qui se fâche très rapidement, mais qui a un langage clair et audacieux ».

Alors, pourquoi, mais pourquoi donc, au lieu d’être défenseurs de leurs peuples, les intellectuels africains en sont pourfendeurs ?

Fort heureusement, une poignée brise de plus en plus le cercle. Ces intellectuels sont identifiables sur la toile (web TV, YouTube, Facebook et autres) comme une catégorie d’intellectuels panafricains. M’abstenant de les lister de peur d’en oublier, toute l’Afrique les suit avec passion et savoure leurs messages d’espoir, leurs conférences édifiantes. Ils ne sont pas tous Noirs, reconnaissant-le ! Des personnes d’autres cultures luttent avec nous en tant qu’humanistes.

L’Afrique doit se réunir autour de leaders panafricanistes et avec sa diaspora. Elle doit s’organiser pur faire avancer la cause panafricaine.

GUIANISSIO Guillaume Dominique, consultant en Développement Local, analyste politique et Panafricaniste

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