Vœux 2022 : ce que désire mon cœur pour  les Togolais

Vœux 2022 : ce que désire mon cœur pour les Togolais

10 janvier 2022 Non Par David Kpelly
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Il est encore temps pour les vœux 2022. Et, entre deux soupirs, notre chroniqueur David Kpelly demande à la providence de nous aider à mieux faire cette année.

Pour 2022, voici les vœux les plus ardents de David Kpelly:

  • Que le Togo devienne pour un pays où chaque citoyen se sent en liberté et en sécurité.
  • Que des millions de Togolais ne dorment pas le ventre vide. Parce qu’un seul Togolais doit s’acheter une résidence secondaire sur une île paradisiaque.
  • Que des enfants Togolais ne soient pas privés de soins médicaux, d’éducation et de sourire. Car un seul Togolais doit s’acheter une nouvelle Mercedes.
  • Que le bonheur d’une minorité ne passe plus par les larmes de la majorité des Togolais.

J’ai passé une fin d’année 2021 très pénible. A quelques jours d’intervalle, j’ai vu des amis, plus ou moins proches, avec qui je partage globalement les mêmes aspirations pour notre pays commun, le Togo, être emprisonné pour leur engagement et leurs opinions.

« Au moment des feux d’artifices, j’ai pensé aux enfants de Jean-Paul Oumolou, Ferdinand Ayité et Joël Egah »

Jean-Paul Oumolou, Ferdinand Ayité, Joël Egah et Fovi Katakou ont été tour à tour embastillés et privés de liberté pour avoir fait des publications sur les médias et réseaux sociaux.

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Les trois derniers ont été libérés après quelques jours de détention. Jean-Paul Oumolou, lui, arrêté depuis deux mois maintenant, est toujours maintenu dans les geôles de la gendarmerie. Il est accusé d’apologie de crime, publication de fausses informations, incitation à la révolte populaire et injures aux autorités. Et jusqu’ici, je ne saurais dire de quoi sera fait son cas.

Il m’était donc impossible, dans une telle situation, d’entrer dans la nouvelle année le sourire aux lèvres. J’y suis donc entré, il y a une dizaine de jours, triste, meurtri au fond de moi. Et surtout inquiet de notre avenir commun dans notre pays.

Parce qu’on aura beau invoquer la paix et le pardon, à chaque fois que le fouet de l’injustice et de l’arbitraire s’abat sur le dos d’un compatriote, ce sont les cœurs de dizaines, de centaines, voire des milliers de Togolais qui sont meurtris.

Car ces compatriotes que l’on prive de liberté pour n’importe quelle peccadille ont des familles. Des femmes, des enfants, des amis, des proches qui souffrent profondément de l’absence des leurs.

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Au moment où les feux d’artifice éclairaient les ténèbres de la nuit du 31 décembre annonçant la nouvelle année, j’ai pensé aux enfants de Jean-Paul Oumolou. Esseulés dans le froid d’une chambre en Suisse. Posant à leur mère déboussolée une série de questions sur cette étrange absence de leur père.

J’ai pensé aux enfants de Ferdinand Ayité et de Joël Egah privés de leurs pères durant les fêtes de Noël et qui ne les ont revus que tard dans la nuit du 31 décembre.

« Les vœux les plus ardents de mon cœur : que la providence nous aide à mieux faire 2022 »

Cette nuit du 31 décembre, j’ai pensé aux soupirs du père et des frères de Fovi Katakou, se remémorant leur douleur durant la dizaine de jours de détention de leur enfant et leur frère.

J’ai également pensé aux familles de la centaine de détenus politiques presque oubliés dans les prisons et lieux de détention du Togo. Et dont certains meurent dans une indifférence totale.

Je suis donc entré dans cette nouvelle année en pensant à toute cette douleur semée dans les cœurs de certains de nos frères et sœurs. J’ai imaginé les fruits que peuvent produire demain toute cette cruauté qu’on injecte au plus profond de certains parmi nous. Et, entre deux soupirs, j’ai demandé à la providence de nous aider à mieux faire cette année.

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Chers compatriotes, je n’ai pas de vœux spéciaux à formuler. Les désirs les plus ardents de mon cœur sont connus de tous. Je les ai toujours déclinés dans les centaines de textes que j’ai publiés ici et là sur Internet et ailleurs.

Que le Togo devienne, enfin, une terre où chaque Togolaise et chaque Togolais se sente en liberté et en sécurité.

Que des millions de Togolais ne soient pas contraints de dormir le ventre vide … parce qu’un seul Togolais doit s’acheter une résidence secondaire sur quelque île paradisiaque où il ne passera pas plus de trois jours par an.

Que des enfants Togolais ne soient pas privés de soins médicaux, d’éducation et de sourire …parce qu’un seul Togolais doit s’acheter une nouvelle Mercedes.

Que le bonheur d’une minorité ne passe plus par l’humiliation, l’emprisonnement, l’exil, les larmes, les gémissements, les soupirs de la majorité des Togolais.

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