Faites-vous cette erreur dans l’éducation de vos enfants?

Faites-vous cette erreur dans l’éducation de vos enfants?

20 janvier 2022 Non Par Dr Toï Banla

Le complexe de Caïn peut se transformer en haine chronique dans la fratrie si vous ne faites pas attention à la perception de l’affection parentale pour les enfants.

Le complexe de Caïn commence généralement avec l’avènement du second enfant. Toute la famille focalise son attention sur le nouveau-né. L’aîné n’a plus la même affection parentale. Il ne peut plus s’assoir dans la chaleur de la mère sur ses jambes, ou se coucher près d’elle. Son temps dans les bras de la maman est considérablement réduit.

Une situation insupportable pour l’aîné

Désormais, cet espace est occupé par le nouveau venu. Les belles chansons que la mère chantait pour lui ont disparu ou réduites en faveur du nouveau venu. Le père qui lui apportait des cadeaux au retour du travail partage désormais son temps entre les deux enfants. Les cadeaux de l’aîné sont d’ailleurs réduits.

C’est une situation insupportable pour l’aîné. Deux réactions sont souvent observables. La première réaction est que l’aîné manifeste ouvertement son mécontentement par une forme de révolte. Il refuse par exemple d’obéir aux consignes ou injonctions des parents. Ou alors, il refuse de manger avec eux.

Pire, il n’hésite pas à violenter son cadet. Une illustration remarquable est celle de ce jeune garçon de 3 ans dans une ville du Togo. Il a traîné son jeune frère de 2 mois du lit depuis la chambre à coucher jusqu’au salon afin de s’en débarrasser. Interrogé, l’enfant répond : « C’est à cause de lui que papa ne m’apporte plus de cadeaux »

La seconde réaction peut se présenter comme une détresse psychologique. Le jeune garçon peut manifester plusieurs troubles dont la régression ou le repli sur soi.

Les psychologues qualifient ce phénomène de complexe de Caïen ou jalousie de l’aînée.  Cette jalousie intervient au cas où l’aînée, après la naissance du cadet se voit frustré d’une sollicitude maternelle et paternelle.

Au de-là du complexe de Caïen il faut noter l’existence de la jalousie fraternelle ou la jalousie entre frère et sœur. C’est donc une jalousie qui porte sur l’affection parentale mal perçue ou un traitement inégal dont ils font l’objet.

Complexe de Caïn : quelles attitudes adopter ?

Si vous vivez en ce moment l’expérience du complexe de Caïn, il est de votre devoir en tant que parent de trouver la solution pour rééquilibrer les relations familiales.

Si vous ne traitez pas les enfants de manière égale, le complexe de Caïn risque de se transformer en haine chronique. Surtout en cas de polygamie.

Il est recommandé de préparer l’avènement du nouveau-né avec son aîné, en le préparant à l’accepter. Lorsqu’il y a une harmonie familiale, les conséquences positives sur le développement de l’enfant sont remarquables.

En effet,  la croissance de l’enfant dans un climat affectif est source d’émergence d’une personnalité équilibrée. L’enfant est épanoui avec une bonne estime de soi-même.  Ainsi son développement social devient plus probant. Dans ces conditions, l’enfant s’adapte aux jeux individuels et collectifs. Il éprouve le désir de valorisation sociale et d’affirmation de soi qui passe par l’estime de soi.

Pourquoi l’estime de soi est-elle si importante ? Parce que, à en croire la psychologue et psychothérapeute Laurie Hawkes, sans elle, il est bien difficile d’avoir du plaisir à vivre. De se sentir le droit d’être là, de prendre sa place, de se faire entendre.

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Avoir une mauvaise estime de soi, c’est se sentir inférieur aux autres et penser que l’on ne vaut pas grand-chose. À l’inverse, avoir de l’estime pour soi-même, c’est juger que l’on a une certaine valeur.

Comment cette façon de se considérer se construit-elle ?

Pour cette auteure, tout commence durant l’enfance. Si l’on a reçu suffisamment de signes de reconnaissance de la part des parents aimants et justes, on a en général une bonne opinion de soi-même. Bien sûr, ce n’est pas systématique, car d’autres acteurs peuvent intervenir…

Heureusement, si l’enfance n’a pas été « bonne » ou si l’on a vécu des années difficiles, et si l’on se retrouve plus tard à se mésestimer, tout n’est pas joué ! Nombre de mesures et un accompagnement approprié permettent d’améliorer l’image que l’on a de soi-même.

Si la psychologie de l’enfant nous enseigne que toute nourriture intellectuelle, toute méthode, toute activité physique n’est pas bonne à n’importe quel âge, il est encore très important que les parents fassent extrêmement attention au complexe de Caïn.

Ils éviteraient ainsi les conséquences psychologiques et sociales inopportunes. Ils faciliteraient surtout la construction d’une personnalité équilibrée pour la vie.

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